Mare (noire) nostrum

Fuite de pétrole brut à 1600m de fond.

Ce qui est le plus inquiétant dans tout ceci, c’est que pas une fois je n’ai vu dans un reportage ou lu dans un article que la faute revenait ultimement à notre dépendance envers cette ressource. On a beau fustiger BP, on consomme tous de leur pétrole ou l’on continuera à le faire dans le futur. Nous sommes responsables, tous et chacun, d’être allé dans le golfe du mexique, par 1600m de fond, déverser un beau gros baril de pétrole bien visqueux. Comme toujours, un doigt ne peut pointer qu’une entité, car c’est tout ce que peut l’opinion publique avec ses oeillères peut voir; même si  le blâme repose sur l’amérique entière.

Malgré les risques environmentaux et techniques du forage en haute-mer, malgré le fait qu’il est conséquement plus coûteux, c’est nous qui poussont sur les grandes pétrolières (qui, comme compagnies publiques, ont tout de même une grande part de responsabilité) à nous fournir du brut à faible prix. La haute-mer, c’est loin et  loin des yeux, loin du coeur. L’ancient PDG de Shell l’a dit, il y a beaucoup de prétrole autour des côtes américaines, sauf que personne ne veux voir une plateforme de forage de sa plage, alors on légifère pour les envoyer là où elles ne dérangent pas notre visuel; jusqu’à ce qu’elle explosent et se mettent à fuire.

Mais bon, le malheur des uns fait le bonheur des autres, parce que maintenant, les sâbles bitumineux ne sont plus si méchants que ca. Eux, au moins, ils ne fuient pas partout dans le golfe et ne se répandent pas sur plusieurs centaines de kilomètres de côtes; ils n’ont pas ce problème, parce depuis le tout début, cela fait partie de leur design. Si les puits de pétrole fuyaient naturellement, on ne s’en soucierait pas, alors on n’a que faire des immenses bassins de résidus que les sables bitumineux auront laissé à la postérité.

Maintenant que le président américain, pour plaire à l’opinion publique, a fait passer un moratoire contre les nouveaux forages dans les eaux américaines, ou vont aller les pétrolières? Chez les autres, bien sûr ; parce que la demande ne tarira certainement pas. Elles iront dans les pays, ou les codes d’exploitation sont moins strictes, ou les gouvernements sont corrompus, ou les populations n’ont pas de mot à dire sur l’emplacement des plateformes, ou en Alberta. Il y aura d’autres marées noires  et elles seront de plus en plus fréquentes, mais heureusement, elle ne toucheront pas nos belles côtes et nos belles plages paradisiaques, alors l’industrie du tourisme n’a plus rien à craindre; c’est le coin d’eau des petits pêcheurs, qui n’ont que celui-ci pour assurer leur pitance, que les marées iront souiller.

Encore plus de riques seront pris, car le transport étant plus coûteux, il faudra faire des économies autre part; le consommateur, lui ne voudra certainement pas payer un cent de plus sur sa drogue. Tout ce qu’il cherche, c’est de pouvoir continuer sans impunité à se taper 50km seul dans sa grosse bagnole pour aller au boulot et à faire importer des fruits et légumes venant de l’autre côté du globe; le reste, il s’en balance, tant que son buzz continue.

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Cosmos et Zeitgeist: Addendum

Au travers de son exercice de vulgarisation et par-dessus sa volonté d’éduquer la population, Carl Sagan, l’éminent astronome, a surtout cherché à unir les humains en leur fournissant les outils nécessaires à la destruction des barrières de l’ignorance qui les tenaient et les tiennent toujours divisés les uns les autres. Aussi, je crois sincèrement que sa formidable série documentaire Cosmos devrait constituer l’un des piliers de l’éducation de tout un chacun. Par delà l’acquisition de la connaissance, on y reçoit les bases d’une nouvelle conscience, plus lucide, plus humaine.

En effet, Carl Sagan l’avait bien deviné: le genre humain ne pourra se sortir du bourbier dans lequel il se trouve (je vous épargne des faits que vous connaissez déjà) que par une révolution complète de la conscience collective (indissociable de la conscience de l’individu).

À cet égard, j’aimerais vous inviter à réfléchir sur votre propre perception du système actuel et particulièrement sur votre perception de son élément primaire : l’argent. Comme ceux qui jadis croyaient que la Terre était plate, que la maladie émanait des démons ou que les mauvaises récoltes étaient un châtiment des Dieux, nous, Occidentaux éduqués et ouvertement athées (du moins, certains), croyons grossièrement que l’argent est une institution absolue,  c’est-à-dire l’unique façon de faire « fonctionner le monde », de faire « rouler l’économie », de faire « avancer les chose », etc. Nous avons une vision religieuse du système monétaire: une réalité que plusieurs n’admettront ou ne comprendront jamais.  Et pourtant, il existe d’autres possibilités, beaucoup plus efficaces, de régulariser les activités humaines; elles ne se trouvent qu’à l’extérieur de notre capacité à les imaginer. Mais certains voient plus loin que nous, des hommes tels que Carl Sagan; ayons l’humilité de les écouter attentivement.

Et c’est dans cette optique que je vous exhorte à vous pencher sur le film Zeitgeist : Addendum. Ceux qui me connaissent personnellement seront sans doute exaspérés de m’entendre à nouveau parler de ce film, souvent critiqué de naïf ou excessif, et pourtant j’ai la profonde conviction d’en avoir pas assez parlé. Car depuis un an j’y réfléchis, et je n’ai toujours pas trouvé de meilleur constat de l’aberration générale de notre époque. Je lève donc mon chapeau à Peter Joseph et à Jacques Fresco.

Dommage qu’ il soit si difficile d’adhérer à des solutions qui n’ont pas encore d’assises dans notre réalité immédiate.

Je vous laisse avec ces deux liens :

http://vimeo.com/10707453

http://www.zeitgeistmovie.com/

et sur une citation de Carl Sagan que j’ai justement pêchée dans Zeitgeist : Addendum :

« An extraterrestrial visitor examining the differences among humain societies would find those differences trivial compared to the similarities… We humans have begun to wonder about our origins… star stuff contemplating the stars, organized collection of ten billion billion billion atoms, contemplating the evolution of nature, tracing that long path by which it arrived at consciousness here on the planet earth…  Our loyalties are to the species and to the planet. Our obligation to survive and flourish is owed not just to ourselves but also to that cosmos ancient and vast from which we spring. We are one species. We are star stuff harvesting star light. »

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Quand la peine de mort n’est plus l’ultime sentence

06/04/2010 Tatoine un commentaire

Ce texte est le fruit d’un important collaborateur d’Amoris Creatio

Suite à la récente tentative du Col. Williams de s’enlever la vie et de l’intervention de ses gardes, je me demandais s’il fallait empêcher un accusé dont la sentence sera fort probablement plusieurs peines à perpétuité de s’infliger la pire des punitions. Il est selon moi louable de prévenir ce genre d’acte en général, car il existe une possibilité de jours meilleurs; d’autant plus que ceux qui veulent véritablement en finir prennent les bons moyens et ne se manquent généralement pas, ce qui rend les survivants récupérables. Mais dans le cas du Col. Williams, il n’y a pas de perspective d’amélioration, alors pourquoi l’on t-il sauvé?

Si la peine de mort était encore en vigueur, le Col. Williaws y serait sûrement condamné. On lui enlèverait ce que la société considère comme ce qu’il y a de plus précieux: sa vie. Les familles de ses victimes seraient satisfaites du verdict et l’on se serait débarrassé d’un criminel irrécupérable et dangereux.  Dans l’esprit commun, la peine capitale est encore l’ultime sentence et d’ailleurs on reconnaît encore comme société que la prison à vie n’est, dans certains cas, pas suffisante (d’où l’infliction de multiples sentences à perpétuitiée).

Or, on a empêché le Col. Williams de s’infliger lui-même cette peine, y a t-il contradiction? Je ne crois pas. Fondamentalement, la peine capitale est la privation de la liberté utltime de décider de la continuation ou non de son existence. En tant que société, on l’a seulement reformulé pour la mettre au gout du jour, mais aussi vrai qu’en pendant un détenu, on le privait du droit de vivre; en empêchant un accusé de s’étouffer, on le prive du droit de mourrir, ce qui est dans un sens équivalent.

La justice n’est que ca, une privation temporaire ou définitive de liberté. La seule différence entre une contravention de 100$ et une peine de vie/mort est la quantitée de liberté perdue. En ce qui concerne la contravention, elle équivaut à quelques heures de travail supplémentaires;  pour la vie ou la mort imposée, elle s’étend pour la duration d’une existence humaine, la durée de cette dernière étant laissée à la discretion du système dans la mesure du possible.

En empêchant le Colonel Williams de s’enlever la vie (d’une manière assez affreuse, ce qui témoigne de sa conviction), justice a été faite, la suite des évènements importe peu.

Je suis curieux de savoir votre avis sur la chose. Je voulais d’ailleurs que ce billet soit une question, car avant de l’écrire, je ne parvenais pas à me faire d’opinion sur la chose.

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05/04/2010 Chief un commentaire

Car encore que je fuie la multitude, à cause de la quantité des impertinents et des importuns qu’on y rencontre, je ne laisse pas de penser que le plus grand bien de la vie est de jouir de la conversation des personnes qu’on estime.

- Descartes, Lettre à Chanut du 6 mars 1646

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Et si on se rassemblait?

Parce que l’on n’est pas seul à trouver que le monde ne tourne pas rond

Parce que d’autres aussi ont compris que l’argent divisait les gens

Parce que l’on est fatigué de chercher ce que l’on sait déjà

-

Bien sûr le système nous enchaîne

Mais qu’est-ce qui nous retient?

On sait bien que la vie passe vite et que celle-ci n’est pas la bonne

Que la vie peut être belle

Et pourtant on oublie…

-

La vie passe vite, c’est vrai

Mais qu’est-ce que je fous de la mienne?

Trop souvent j’ai l’impression de perdre mon temps

Vous comprenez

Je ne veux pas attendre, ni accumuler, ni temporiser

Et je ne veux surtout pas m’isoler

-

Je veux vivre!

Pour vrai…

Avec des gens vivants, des gens comme moi

Des perdus, insatisfaits, qui pleurent et s’amusent à même le temps

Des fous de la vie

Prêts à tout rejeter

Pour partir bien loin

Et faire l’amour

Tout le temps

Tout le temps…

-

Et alors, si on se rassemblait?

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L’apologie du pessimisme

Je me demande : suis-je un homme réaliste? Bien sûr, a priori je répondrai oui, car je croirai concevoir la réalité telle qu’elle est. J’aurai confiance en mon jugement : je suis après tout quelqu’un d’instruit. Et pompeusement, je me répèterai le soir que, sur les assises de mes connaissances, j’ai planté un réseau de référents solides qui me permet d’évaluer le monde avec lucidité. Et armé du succès de mes expériences quotidiennes, j’en viendrai rapidement à croire que ma vision de l’existence est tout à fait réaliste, et le doute disparaîtra avec l’humilité. Et je dispenserai ma parole à tout un chacun, en prenant toujours garde de diluer mon pessimisme avec une dose d’optimisme, pour être certain d’offrir à chaque fois un cocktail réaliste attrayant. Et cheminant ainsi dans les 5 à 7 et les congrès, j’aurai vite fait d’établir ma crédibilité, que je présenterai à tous comme un gage de réalisme et d’efficacité, et peu à peu je m’élèverai dans les sphères des ambitieux, stupide, borné et inutile.

Mon réalisme n’aura été au fond qu’un ramassis de petites maximes populaires soutenues par quelques statistiques bidon ou quelques citations; un tas de banalités bien présentées, pour bien paraître. Cette infirmité de l’esprit aura sans doute pris naissance dans la paresse; la paresse de faire face à l’angoisse de l’incompréhension; la paresse de la raison à accepter notre incapacité à saisir ne serait-ce qu’un fragment de la réalité; la paresse de rejeter l’irréaliste conviction d’être réaliste… Nous sommes limités : par notre entendement, nos passions, nos peurs, nos faiblesses, nos désirs; être réaliste n’a pas de sens : on ne peut qu’être optimiste ou pessimiste. Les deux se valent; les deux se justifient. Mais chez moi, le pessimisme s’impose de lui-même.

C’est que je suis porté par l’angoisse de l’avenir; j’en suis complètement imprégné. Et je ne suis pas seul. Non, vieux contestataires et jeunes insatisfaits : nombreux sont ceux qui regardent le monde actuel avec un œil oblique et qui, par leur insoumission au paradigme de l’idéal occidental, agissent pour le bien de tous. Rejetons donc le réalisme mou des paresseux et embrassons le pessimisme pragmatique des angoissés!

Car la direction de l’Histoire apparaît à ceux qui, naturellement, adoptent une prise de vue externe à notre réalité immédiate: le 19e siècle, industrieux et injuste, conduisant au 20e, compétitif et sanglant, pour finalement aboutir au 21e, propulsé par le souffle des deux derniers. Je concède que ce pronostic n’a rien de scientifique, qu’il est instinctif et qu’il n’a rien de convaincant. Mais je ne cherche pas à convaincre. Et mes instincts me suffisent. Aussi, suis-je souvent amené à croire que l’humanité dans son ensemble est égocentrique, violente et nuisible et que l’angoisse de l’avenir est le seul gage de réalisme possible. Mais jugez-en par vous-même.

À la question initiale, je puis maintenant répondre : non, je ne suis pas réaliste! Et jamais je ne le serai!  Parce que je n’en ai pas la capacité. Parce que je ne suis qu’humain. Et parce que les pronostics du malheur me permettent de mieux vivre, de me préparer pour les crises à venir et d’entrevoir la fin de l’Ère du confort.

Je suis pessimiste et je n’en suis que plus lucide.

Mais jugez-en par vous-même.

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L’amour…

L’amour n’est peut-être que la reconnaissance du plaisir.

-Honoré de Balzac

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Ces contes de fées…

C’était désolant, pensa-t-elle, qu’au 21e siècle, à l’ère où l’on envoyait des gens vivre dans l’espace, on cherchât encore du réconfort dans des contes de fées. Comment pouvait-on sérieusement croire qu’il existât un Dieu, une Force, un Quoi-que-ce-soit qui, dans l’immensité du Cosmos, se souciât émotionnellement des actions et des pensées de chacune des petites créatures insignifiantes qui peuplaient cet amas de matière que l’on nommait Terre?

-Extrait d’un projet en devenir… d’autres viendront.

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Ce que les Grecs disaient…

Connais-toi toi-même. Encore faut-il savoir se reconnaître. Mais qui le veut vraiment? C’est dans nos rêves que nous nous complaisons. Au fond, c’est plutôt bête. On s’accroche à hier pour anticiper demain; on angoisse, on invente des raisons, on est assez con. La peur, mes amis, n’a aucune saveur : faut la trouver et l’envoyer promener. La voyez-vous? Connais-toi toi-même. Encore faut-il reconnaître ne rien savoir. Mais qui le peut vraiment? Ok, c’est un fait : la lucidité afflige. Belle découverte. Oh! mais peut-être que demain le labeur d’aujourd’hui paraîtra réussi? Bien sûr que non. Ici et maintenant! Et plus de faux-fuyant! Connais-toi toi-même.  Mais ne t’imagine pas être ce que tu n’es pas. C’est le prix à payer pour vivre et cesser de survivre.  L’humilité est la clé…

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Most of the greatest evil that man has inflicted upon man comes through people feeling quite certain about something which, in fact, was false.

-Bertrand Russell

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Mais parce qu’on est empêché de les croire, par l’expérience qui montre que ceux qui font profession d’être philosophes sont souvent moins sages et moins raisonnables que d’autres qui ne se sont jamais appliqués à cette étude, j’aurais ici sommairement expliqué en quoi consiste toute la science qu’on a maintenant, et quels sont les degrés de sagesse auxquels on est par venu. Le premier ne contient que des notions qui sont si claires d’elles-mêmes qu’on les peut acquérir sans méditation ; le second comprend tout ce que l’expérience des sens fait connaître ; le troisième, ce que la conversation des autres hommes nous enseigne ; à quoi l’on peut ajouter, pour le quatrième, la lecture, non de tous les livres, mais particulièrement de ceux qui ont été écrits par des personnes capables de nous donner de bonnes instructions, car c’est une espèce de conversation que nous avons avec leurs auteurs.

-Descartes, Lettre-préface

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Le déchirement

Il n’est pas facile de marier l’autonomie financière à la liberté d’esprit: tandis que l’une nous pousse à la soumission, l’autre nous tire vers la rébellion. C’est le capitalisme qui crée ce déchirement, car en alimentant notre insécurité, il nous divise les uns les autres et nous tient dans un état de précarité continuel afin que, seuls, nous suivions la voie de la consommation, les œillères du divertissement bien visées à nos cerveaux, sans autre espoir que de savourer notre petit confort matériel jusqu’à ce que la route s’achève. C’est là une bien triste fatalité qui s’abat, malheureusement, sur la plupart des enfants du monde riche. La liberté de la raison est aujourd’hui plus inaccessible que jamais; elle n’en demeure pas moins, à mon sens, la seule aspiration qui vaille.

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Qui est parvenu, ne serait-ce que dans une certaine mesure, à la liberté de la raison ne peut rien se sentir d’autre sur terre que voyageur — pour un voyage, toutefois, qui ne tend pas vers un but dernier: car il n’y en a pas.

- Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

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Esprit libre

On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu’on ne s’y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l’exception, les esprits asservis sont la règle; ce que ceux-ci lui reprochent, c’est que ses libres principes ou bien ont leur source dans le désir de surprendre ou bien permettent même de conclure à des actes libres, c’est-à-dire de ceux qui sont inconciliables avec la morale asservie.

-Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

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Quand on s’obstine pendant très longtemps à vouloir paraître quelque chose, il devient difficile à la fin d’être autre chose.

-Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

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Aux tout premiers âges d’une civilisation encore rudimentaire, l’homme a cru découvrir dans le rêve un second monde réel; c’est là l’origine de toute métaphysique. Sans le rêve, on n’aurait pas trouvé le moindre motif de couper le monde en deux.

-Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

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Toute acquisition de la connaissance est un extension du Moi, mais cette extension est obtenue de la meilleure façon en ne la recherchant pas directement. Elle s’obtient lorsque seul le désir de connaître nous fait agir, par une étude qui ne vise pas d’avance à ce que son objet possède tel ou tel caractère, mais qui sait adapter le Moi au caractère qu’elle découvre dans son objet.

-Bertrand Russell, Problèmes de philosophie

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Il semble naturel de supposer que le conscience de soi-même est un des traits qui différencient l’homme de l’animal. Les animaux, il nous est permis de le supposer, bien qu’ils aient connaissance de leurs propres réactions sensorielles, ne prennent jamais conscience du fait qu’ils ont cette connaissance. Je ne veux pas dire qu’ils doutent de leur existence, mais simplement qu’ils n’ont jamais été conscients d’avoir des sensations ou des sentiments, ni par conséquent du fait qu’étant le siège de telles sensations, ils existent.

-Bertrand Russell, Problèmes de philosophie

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Invitation à la progression

Plaçons-nous en dehors de l’actualité, mais restons à l’intérieur de la sphère du prévisible. Sortons du capitalisme, du confort, de nos pulsions… Québécois, que voyez-vous?

Je vois une petite société, au lourd passé, bien établie sur l’immensité d’une terre féconde; je vois le peuple francophone d’Amérique, cet îlot unique de culture, de forces et de faiblesses, qui s’avance aux côtés du reste des humains dans la noirceur d’une ère nouvelle. L’ère de la pénurie. Une belle histoire, pleine de courage et de frustrations, qui arrive à un moment décisif, critique même, où les destins seront déterminés par les actions immédiates : le dénouement.

La mort de l’âme, de l’identité propre, commence quand la peur et la paresse l’emportent sur la conscience. L’histoire humaine se forge à coups d’audace. Québécois, non, humains de toutes nations : réveillez-vous! Cessez de vous caresser l’ego et sortez de vos salons!

Désertons l’extrémisme économique, la consommation abusive et les guerres intestines! Et embrassons plutôt un humanisme fondé sur la simplicité! Adoptons une nouvelle vision du quotidien où les plaisirs seront ceux de la conversation, de l’entraide et de l’amour! Et plus jamais ceux du pouvoir et de la possession! De nombreuses menaces nous attendent : réveillons-nous avant qu’il soit trop tard! Notre salut viendra de l’individu, jamais du politique.

-

Ah! si seulement c’était possible…

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Il est trop difficile de penser noblement quand on ne pense que pour vivre.

-Jean-Jacques Rousseau, Confessions

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